9/11 Anti-Debunking

9/11 Anti-Debunking

Nanothermite au WTC, selon Quirant

Retour sur la critique de Jérôme Quirant censée démontrer que ce qu’a découvert le chimiste Niels Harrit dans les poussières de Ground Zero ne serait en réalité pas des résidus d’explosifs militaires mais des résidus de... peinture. En effet, Niels Harrit ainsi que d’autres scientifiques avaient découvert que la couche rouge des chips gris/rouge qu’ils avaient découvert dans les poussières des tours était un matériau thermitique actif comportant des éléments de nanotechnologie et un matériau explosif ou incendiaire hautement énergétique. Jérôme Quirant, qui n’a cependant jamais lui-même étudié ces poussières, a tenté d’expliquer qu’il ne s’agissait que de fragments de peinture. Il appert que les accusations et critiques de Jérôme Quirant sont en réalité infondées et que la seule explication scientifiquement valable, comme l’ont validée les pairs qui ont relu l’article publié, est que ce qu’a découvert le chimiste danois Niels Harrit dans les poussières de Ground Zero, ce sont bel et bien des résidus de nano-explosifs (c’est à dire des explosifs bien plus puissants que des explosifs conventionnels).
 
Le NIST, l’organisme gouvernemental qui a mené une enquête de trois ans sur l’amorce des effondrements des Tours Jumelles, était parti de sa conclusion et avait par conséquent refusé d’enquêter sur l’hypothèse de l’utilisation d’explosifs. Il convient de noter que le rapport du NIST pourrait en fait s’intituler : « théorie officielle du pré-effondrement qui s’arrête au moment où la structure est sur le point de céder et qui est incapable de fournir une explication sur l’effondrement. » Cela aurait été un titre plus juste pour leur rapport. En outre, pour 20 millions de dollars et un tel titre à son rapport, on aurait pu penser qu’après avoir étudié le comportement de la structure sur respectivement 6120 et 3660 secondes pour les tours nord et sud, le NIST allait poursuivre son analyse 15 secondes plus loin. Mais non.
En janvier 2008, Jennifer Abel, du Hartford Advocate a eu une conversation très intéressante avec Michael Newman, le porte parole du département des affaires publiques et commerciales du NIST. Abel lui a demandé : « Qu’en est-il de ce courrier où le NIST explique n’avoir jamais recherché de traces d’explosifs ? » Ce a quoi Newman répondit : « Et bien, c’est parce que rien n’indiquait qu’il y en ait eu. » Suite à cette réponse pour la moins étrange, Abel demanda : « Mais comment pouvez savoir que rien n’indiquait qu’il y en ait eu si vous n’avez même pas cherché ? », Newman lui expliqua : « Si vous recherchez quelque chose qui n’existe pas, c’est une perte de temps, et de l’argent du contribuable. » 
 
Enfin, notons que si le NIST avait désiré rechercher la présence de nano-explosifs dans décombres des tours, rien n’aurait été plus facile. En effet, à partir de 2004, et donc jusqu’à la fin de l’enquête sur le World Trade Center, c’est Hratch Semerjian qui fut nommé directeur du NIST. Or, celui-ci a coécrit plus de 10 articles avec Michael Zachariah, l’un des plus éminents spécialistes mondiaux en matière de nano-explosifs et qui travaillait pour la Defense University Research Initiative on Nanotechnology, un vaste programme de développement de composés chimiques explosifs pour le ministère de la Défense. Le monde est petit, comme on dit.
 
Alors désormais, la question brûlante qui se pose est celle de savoir : Que faisaient des résidus d’explosifs militaires des les poussières des Tours Jumelles et que voulait cacher le NIST ? Al-Qaïda possédait-elle les mêmes technologies militaires de pointe que celles étudiées par le ministère de la Défense américain ? Pourquoi le gouvernement a-t-il imposé à la Commission d’enquête qu’il y avait « une ligne à ne pas franchir » ? Si tel fut le cas pour la Commission d’enquête « indépendante », alors en fut-il de même pour un organisme qui dépendait de son ministère du Commerce et dont le directeur avait été nommé par le président Bush lui même... en octobre 2001 ? Seule une nouvelle enquête impartiale et exhaustive, avec pouvoir de citation à comparaitre, pourrait nous le dire.

 

Dans un article paru le 3 avril 2009, Niels Harrit et huit autres scientifiques annoncent avoir découvert un matériau actif de type "thermite" dans la poussière produite lors des effondrements du World Trade Center[1]. De par ses conclusions, cet article devint gênant, non seulement pour son éditeur, mais aussi pour les ardents défenseurs de la version officielle des attentats du 11 Septembre. Seulement deux jours après la publication de l'article de Niels Harrit et al., le site Web bastison.net du chercheur en génie civil Jérôme Quirant contre-attaqua[2]. Depuis, il est paru une synthèse[3] sur ce même site, censée montrer que l’origine des ’chips’ (particules retrouvées dans la poussière du World Trade Center) « ne fait plus guère de doute » et que même si cette nanothermite était présente au WTC, elle « n’aurait aucun effet ». Voyons en détail cette analyse en quatre parties.

A. Analyse des chips a,b,c,d

1) Observation macroscopique
 

Figure 1: Photographie de chips


Dans cette étape, M. Quirant, l’agrégé en génie civil qui tient le site Web bastison.net, soulève un premier problème : la thermite n’est pas ferromagnétique alors que les chips le sont, ce qui prouverait selon lui que les chips ne sont pas de la thermite, la thermite n’étant pas ferromagnétique. Mais il ne s’agit pas là d’un réel problème : une faible contamination par du fer ou de la magnétite (Fe3O4) peut l’expliquer.
Mais surtout, il présente son hypothèse : les chips seraient en réalité de la peinture. Cette image est présentée pour montrer que la forme et la couleur correspondent avec les chips :
 

Figure 2: Photographie de peinture sur une poutre du WTC

 

Enfin, il omet soigneusement cette photographie présente dans l’article d’Harrit et al :
 

Figure 3: Chip comportant plusieurs couches

 

Nous verrons par la suite pourquoi cette photographie est importante.

2) Observation microscopique

Dans cette étape, l’auteur essaye de montrer que les plaquettes visibles sur les images de microscopie électronique seraient du kaolin, substances utilisées dans certaines peintures. Et donc, forcément, les chips de la peinture. Il justifie cela en montrant des images de kaolin et les images de chips en montrant des hexagones.
Problème : ces analyses basées sur les formes sont peu fiables contrairement aux autres analyses détaillées dans les étapes suivantes. De plus, le chimiste Ola Nilsen qui a publié dans le Journal of Nanoscience and Nanotechnology[4] (Journal de la nanoscience et de la nanotechnologie) a déclaré[5]   : « I see no reason to doubt the finding of aluminum plates and iron oxide in the form Fe2O3. » que l’on pourrait traduire par « Je ne vois aucune raison de douter de la présence de plaquettes d’aluminium et d’oxyde de fer de formule Fe2O3 ». Cette déclaration a son importance, car elle contredit directement les dires de M. Quirant.
Enfin, on pouvait voir auparavant sur bastison.net  cette image de kaolin :
 

Figure 4: Kaolin observé au microscope électronique

 

Problème : les plaquettes de kaolin sur cette image ont une longueur très différente des plaquettes vues sur les images des chips … Cela montre bien que l’identification d’un matériau par une observation microscopique est délicate et peut prêter à confusion.

3) Analyses spectrales

Les analyses spectrales nous apprennent ce que nous savions sur la composition de ces chips : on y trouve de l’oxyde de fer et de l’aluminium. L’aluminium n’est pas combiné avec le silicium pour des raisons que nous évoquerons en partie B. Cependant, elles nous apprennent ce qui n’est pas dans la couche rouge des chips.


Figure 5: Spectres des deux composants de la couche rouge

 

On peut voir ici qu’il n’y a ni chrome, ni de zinc (symboles chimiques : Cr et Zn). Pourtant, voici la composition de la peinture :

Figure 6: Composition de la peinture

Cette table fournie par le NIST[7] nous montre que bien que le rapport des masses entre le zinc jaune (il s’agit de chromate de zinc[8] de formule CrO4Zn) et l’oxyde de fer soit élevé, les spectres de la couche rouge nous indiquent qu’il n’y a ni chrome ni zinc. La couche rouge n’a donc pas la composition de la peinture utilisée dans les Tours Jumelles !
Niels Harrit a répondu avec plus de détails à ses contradicteurs dans un article en anglais[9] traduit en français par l’association ReOpen911[10].

4) Exploitation des tests au Scanner Calorimétrique Différentiel (DSC)

Ici, l’auteur reproche en premier lieu aux neuf chercheurs d’avoir conduit des tests DSC[11] sous air et non sous un gaz inerte. Cependant, l’intérêt d’un test sous un gaz inerte est minime puisque la nanothermite était entourée d’air au WTC. Ainsi, il est certain que le carbone a réagi lors de l’ignition de la nanothermite. Harrit et al n’ont donc fait que reproduire les conditions du 11 Septembre en laboratoire.
Ensuite, Jérôme Quirant compare l’énergie et la puissance des chips et trouve la thermite « très faiblarde » (sic). Mais cela ne tient pas, car si en effet l’énergie massique des explosifs est faible comparée à des produits organiques courants comme le beurre, le sucre, du papier, ou des aliments, c’est tout à fait normal, car ces explosifs (la thermite aussi) doit contenir l’oxygène de la réaction alors que le papier le tire de l’air. Autrement dit, la raison pour laquelle les explosions sont plus destructrices que du papier en feu est tout simplement que la puissance n’est pas la même. La réaction d’un explosif dure très peu de temps (généralement moins d’une milliseconde) alors que du papier brûle pendant plusieurs secondes. La puissance des explosifs est donc, à énergie égale, des milliers fois supérieures à celle du papier !  Les DSC prouvent que l’énergie massique des chips est proche de l’énergie massique de la thermite. Ce qu’il faut donc connaître pour savoir si la thermite est « faiblarde », c’est la puissance.

Une chose est certaine : une analyse DSC ne permet pas toujours de mesurer une puissance. Si l’on veut tout de même le faire pour les SSL[12], on voit qu’un gramme de SSL peut dégager 25 watts. Pour les chips, on peut utiliser la vidéo fournie par l’équipe d’Harrit[13]. Voici ce qu’on peut y voir :

Figure 7: Test d’ignition d’une chip à la torche

Une lumière est présente sur les trois images b, c et d, on peut donc estimer le temps de réaction à 0.12 s (la vidéo étant à 25 images par seconde). Cette estimation grossière nous permet de calculer la puissance moyenne délivrée par un gramme de chips : 4 kJ / 0.12 s = 30 kW soit plus de mille fois la puissance d’un gramme de SSL. Dire que les chips sont « très faiblardes » est donc pour le moins osé !
Continuant sur sa lancée, Jérôme Quirant nous parle maintenant de pic endothermique qui aurait dû se produire. Seulement, si on regarde les courbes données en comparaison, on peut voir qu’il y a un pic exothermique présent après le pic endothermique trois fois plus énergétique que le premier :

Figure 8: Analyse DSC de nanothermite

 

Multipliez l’énergie déjà produite par les chips (1.5, 3.6 et 7.5 kJ) par trois et vous verrez que le résultat est bien trop grand. Que s’est-il donc passé ?  La réaction s’est emballée dans le DSC d’Harrit et al ce qui fait que l’ensemble de l’énergie produite et absorbée par la fonte de l’aluminium que l’on voit est concentrée en un seul pic autour de 550 °C. Après ce pic, tout l’aluminium s’est transformé en alumine, qui fond à des températures bien plus hautes, il est donc normal de ne pas avoir de pic endothermique.
Enfin, Jérôme Quirant compare les résultats de l’analyse DSC des chips à ceux obtenus avec une peinture. Après de multiples contorsions, il en vient à la conclusion que « l’argument ‘une peinture ne pourrait avoir une telle réaction’ n’est pas recevable », ce qui veut dire que de la peinture chauffée à 440 °C produit du fer en fusion !  Comment arrive-t-il à cette conclusion ?  Premièrement, il trouve une peinture qui dégage autant d’énergie. Ensuite, par une question douteuse (« si de la thermite [ … ] arrive à le faire, pourquoi pas un matériau tout aussi, voire plus, énergétique ?  »), il évacue le problème de la puissance insuffisante. Mais cela n’a pas de sens !  En effet ce n’est pas parce que vous frotterez un morceau d’acier avec le doigt pendant des milliards d’années que vous arriverez à le faire fondre. Pourtant, il y a plus d’énergie dans ce geste que dans un gramme de thermite !

5) D’autres matériaux, faiblards eux aussi

 

(a) 3000 J/g                                                                               (b) 2500 J/g

 

(c) 4600 J/g                                                                            (d) 550 J/g

 

(e) 3000 J/g                                                                         (f) 4500 J/g

 

Figure 9: DSC d’autres matériaux

Ces six matériaux ont été testés au DSC avec une cinétique de montée en température de 20 °C dans une atmosphère d’azote. D’après Quirant :

 Comme la montée en température est de 5°C/min pour les tests sur le carbone, il faut théoriquement multiplier par deux les puissances sur les courbes en noir pour pouvoir les comparer avec celles de Jones (cinétique de 10°C/min). Dans la pratique, le facteur multiplicatif sera situé entre 1,5 et 2 car les rendements de la réaction peuvent varier avec la cinétique de montée en température.
Ici, on peut donc multiplier par un nombre compris entre 2 et 4 la puissance des boues séchées, car le rapport entre les vitesses de montée de température est de 4. Ce qui donne ici entre 50 W/g et 100 W/g. Le plus puissant des matériaux testés atteint 50 W/g : leurs puissances sont donc inférieures aux boues séchées. De même, le matériau le plus énergétique contient trois fois moins d’énergie qu’une boue séchée. Pas de doute donc, ces matériaux sont « très faiblards » et, « sauf bien sûr à en mettre des quantités extrêmement importantes », il est impossible d’« affaiblir notablement les colonnes du WTC ». Problème : les six matériaux testés sont en réalité des explosifs. Il s’agit dans l’ordre d’HMTD, de DADP, de nitrate d’ammonium (qui est aussi utilisé comme engrais et a été produit à l’usine AZF de Toulouse jusqu’à ce qu’il explose), de nitrate d’urée, de poudre Remington et de perchlorate d’ammonium. Voici des DSC de RDX, de C-4 et de poudre noire :

 

(a) RDX : 3000 J/g                                                                                  (b) C-4 : 2500 J/g

 

(c) Poudre : 600 J/g

Figure 10: DSC d’explosifs

Ces DSC ont été trouvées dans un brevet sur la détection et l’identification d’explosifs par analyse thermique[14]. Tous ces exemples montrent que l’analyse de Jérôme Quirant est fausse : la puissance et l’énergie indiquées par les DSC de chips sont compatibles avec de la nanothermite.

6) Conclusion

Nous avons vu que si les analyses macroscopique et microscopique nous laissaient avec deux hypothèses, les tests d’ignition apportent la preuve que ce n’est pas de la peinture. De plus, les spectres nous indiquent qu’il ne s’agit pas de la peinture présente sur les poutres. Et ce n’est pas Frank Greening (chimiste et débunker) qui nous dira le contraire[15]   :

Just noticed that this topic has already been taken up by the JREFers.
I see the debunking crew over there are rolling out the usual suggestion that the red chips come from some kind of paint. This is a very weak rebuttal since ordinary commercial paints - ones that may have been used in the Twin Towers - are not bi-layered or magnetic , as are the red chips in question.

Ce qui veut dire

Je vois que ce topic est déjà pris d’assaut par les membres de JREF.
Je remarque que les debunkers professionnels reprennent en coeur comme d’habitude l’explication de la peinture pour expliquer la présence des chips. Cette explication ne tient vraiment pas la route, du fait que les peintures ordinaires pour usage civil, et c’est ce type de peinture qu’on a dû utiliser pour le WTC, ne sont ni de type bicouche, ni magnétiques, comme le sont les chips rouges dont il est question.

B.  Analyse de la chip passée au solvant

Jérôme Quirant commence par se plaindre que la chip passée au MEK est totalement différente des autres. En fait, ce sont les premières chips qui sont différentes de toutes les autres : elles ont été cassées[16] avant de faire des spectres pour éviter la contamination probablement due au plâtre, très présent dans la poussière recueillie. En effet, cette contamination n’est présente que sur la surface qui est en contact avec les chips. Il suffit donc de briser une chip en dehors de la poussière pour avoir une surface fraîche et sans contamination.
Ensuite, il se plaint du « flou » apporté par les neuf chercheurs qui auraient dans leur article utilisé une cartographie « beaucoup moins précise ». Comprendre : avec une échelle différente. Il se trouve que les différents composants ont migré sur des distances de l’ordre de la dizaine de micromètres. Pourquoi regarder à une échelle plus petite ?  Celle utilisée par Harrit et al est largement suffisante pour identifier précisément les emplacements de chacun de ses composants. Si les auteurs avaient effectué une cartographie de la taille des structures identifiées précédemment, soit 1 µm, on n’aurait vu que la composition locale.

Figure 11: Analyse par spectrométrie de rayons X à dispersion en énergie (XEDS) d’une chip passée au MEK

On voit bien sur cette image que l’aluminium et le silicium ne sont pas liés chimiquement alors qu’ils le sont dans le kaolin de formule Al2Si2O5(OH)4. En revanche, à chaque endroit où l’oxygène est présent, du fer y est aussi présent. D’après l’équipe d’Harrit, le méthyl-éthyl-kétone (MEK) ne peut pas interagir avec ces éléments, ce qui n’est pas contredit par Jérôme Quirant : on en déduit que l’échantillon contient de l’oxyde de fer et de l’aluminium.

Enfin, Jérôme Quirant propose une explication pour la couche grise : ce serait de l’acier structurel (« A36 » précise-t-il). Mais dans ce cas, comment expliquer la présence de la chip suivante déjà évoquée en page ref_Multicouche et dont la photo n’apparaît jamais dans le document censé analyser de façon exhaustive l’article d’Harrit et al ?

Figure 12: Chip comportant plusieurs couches

Pourquoi donc les constructeurs du WTC auraient-ils mis de la peinture entre deux couches d’acier structurel ?  Ou pourquoi auraient-ils rajouté de l’acier structurel sur la peinture ?  Cela mériterait quelques explications puisque le lecteur n’est pas forcément un agrégé en génie civil comme M. Quirant. Cette simple photo permet de répondre à la question posée par ce dernier :
 Est-il si gênant que cela pour les auteurs de dire que c’est de la rouille provenant d’un acier structurel qui est accolée à la couche rouge ? 
Contrairement à ce que dit Jérôme Quirant, la couche grise n’est donc pas de l’acier structurel et la couche rouge n’est pas du kaolin couplé avec de l’oxyde de fer.

C. Aspects énergétiques et effets sur la structure

Dans la première partie, Jérôme Quirant suppose qu’il n’y a qu’une seule couche. C’est faux comme nous venons de le voir. Nous le remercions de ses calculs : la température de l’acier s’élève de 1.8 °C pour chaque couche de nanothermite. Ce qui donne pour 500 couches (soit 1 cm ! ! ! ) 900 °C. À 900 °C, les effets sur la structure sont très importants puisque le NIST et la FEMA ont prédit un effondrement des Tours Jumelles bien avant que ces températures soient atteintes dans l’acier … Ainsi, ce paragraphe :

Cette thermite est donc très faiblarde que ce soit en termes d’énergie ou de puissance pour affaiblir notablement les colonnes du WTC. Sauf bien sûr à en mettre des quantités extrêmement importantes nous le verrons dans la partie C de cette analyse...
est faux, à moins de considérer qu’une couche d’1 cm est une quantité « extrêmement importante ».

Dans la section suivante, il essaye d’expliquer « l’apparition de sphères métalliques », ce qui est plutôt difficile pour de la peinture. Pour cela, il commence par rappeler que certaines peintures ont un pictogramme « hautement inflammable ». C’est vrai, mais hors sujet puisque les composés qui sont hautement inflammables dans la peinture sont les composés volatils. Par exemple, le White Spirit a une énergie massique de 40.2 kJ/g[17].

La peinture sèche, elle, ne produit que quelques kJ/g comme Quirant l’a montré. Ensuite, il suppose avec raison que « la température soit montée trop brutalement » et en conclut que les résultats d’analyse par DSC présentés dans l’article d’Harrit et al ne permettent pas à eux seuls de « prouver la présence de matériau thermitique » avec les DSC faites par l’équipe d’Harrit. Effectivement, mais cette analyse vient corroborer les autres éléments présentés : structure nanométrique, présence d’aluminium et d’oxyde de fer, production de fer liquide. L’analyse par DSC a été conduite pour vérifier que l’énergie produite par les chips est proche de l’énergie attendue par une réaction thermitique.

Étrangement, l’auteur ne montre aucun indice permettant de comprendre pourquoi la peinture aurait produit du fer liquide. Et pour cause : le NIST a chauffé la peinture des poutres à des températures atteignant les 650 °C sans observer d’autre réaction qu’un écaillement[18]  !  Voici le résultat, avec à droite, les chips chauffées à plus de 440 °C :


(a) Peinture                                                                                     (b) Chip

 

(c) Peinture

Figure 13: Comparaison entre de la peinture et une chips après chauffage à plus de 600 °C

Existerait-il des peintures inertes et des peintures qui projettent du fer en fusion une fois chauffées à 440 °C ?  C’est peu probable … Encore une fois, cela mériterait quelques explications de la part de M. Quirant pour éclairer les lecteurs qui ne sont pas tous agrégés en génie civil.
Nous avons montré que la nanothermite pouvait initier l’effondrement des trois tours qui sont tombées le 11 Septembre et que l’analyse des résidus de la combustion de la chip montre que celle-ci n’est pas de la peinture.

D.  Les tenants et aboutissants

Jérôme Quirant n’ayant plus rien à dire sur l’article, il s’attaque maintenant à l’éditeur. Il rappelle que les revues de Bentham sont « récentes » et ses pratiques douteuses. Mais plus intéressant, il parle du « séisme » provoqué par l’article. La rédactrice en chef Marie-Paul Pileni a démissionné parce que l’article était « politique » et que Bentham a « imprimé l’article sans ma permission ». Si cette démission confirme en effet que les méthodes de Bentham sont douteuses, le fait est que Mme Pileni ne critique pas l’article lui-même. En fait, d’après le journal danois videnskab[19], traduit en Anglais par screwloosechange[20] (débunkers) :

Marie-Paule Pileni points out that because the topic lies outside her field of expertise, she cannot judge whether the article in itself is good or bad.

Soit en Français :

Marie-Paule Pileni souligne par ailleurs que le sujet est en dehors de son domaine d’expertise et qu’elle ne peut donc pas juger de la qualité de l’article en lui-même.

Mais en regardant son CV[21], on voit qu’elle a travaillé dans les nanomatériaux sur une longue période et dans la Société Nationale des Poudres et Explosifs (SNPE). Toujours d’après la même source, elle a déclaré :

One should not be allowed to do everything, and all this is certainly a bunch of nonsense. I try to be a serious researcher, and I will not have my name connected with this kind of thing.

soit :

On ne devrait pas être autorisé à faire n’importe quoi, tout ça ce sont des absurdités. J’essaie d’être une chercheuse sérieuse, et je ne veux pas que mon nom soit associé à ce genre de chose.

Mme Pileni qui a travaillé dans les nanomatériaux et les explosifs déclare donc qu’un article sur de la nanothermite est en dehors de son domaine d’expertise, ce qui est visiblement faux au vu de son C.V., et explique que cet article contient des « absurdités » , ce qui est plutôt étonnant … Enfin, elle déclare qu’elle ne veut pas se voir associée à un article prouvant que des incendiaires de haute technologie étaient présents en grande quantité dans le World Trade Center. On peut la comprendre, car le terrain est glissant : d’autres avant elle l’ont expérimenté comme Aymeric Chauprade, professeur du Collège Interarmées de Défense (CID) qui a été démis de ses fonctions de professeur au CID par le ministre de la Défense Hervé Morin pour avoir dans un de ses livres quelques mois auparavant évoqué la constestation de la version officielle du 11 Septembre[22] .

Enfin, Jérôme Quirant cite un membre du comité éditorial qui déclare sur le fond de l’article « ce travail me parait effectivement assez superficiel et pas en mesure de démontrer quoi que ce soit ». Cette phrase étant le seul reproche sur le fond de l’article, nous trouvons que ce commentaire est …  « superficiel et pas en mesure de démontrer quoi que ce soit ».

Dans cette partie, nous avons vu que le 11 Septembre est un sujet brûlant et que quiconque apporte le moindre crédit à la contestation de la version officielle peut-être amené à la démission. De plus, bien que certains membres de Bentham considèrent l’article sur la nanothermite comme étant faux, aucun n’a pour l’instant argumenté dans ce sens alors même qu’ils possèdent les compétences nécessaires.

E.  Nano-explosifs ?  Que nenni ! ! !

Tel est le titre d’un autre document du site Web Bastison.net[23]. Dans ce document, des éléments nouveaux apparaissent.

1)  La base de la méthode scientifique

Jérôme Quirant insiste sur le fait que les expériences devraient être reproductibles et cite le scientifique français Frédéric Henry-Couannier qui n’a pas réussi à confirmer le test d’ignition de Harrit. Les citations sont exactes, mais depuis, ce scientifique a changé d’avis. Voici ce qu’écrit M. Henry-Couannier[24] :

J’envisage maintenant plus sérieusement, après en avoir discuté avec N Harrit, que la raison pour laquelle mes chips de nanothermite ne réagissaient pas à 400°C, est qu’ils l’ont déjà fait (le 11/9 ou entre temps) ou que le vieillissement (oxydation des nanoparticules d’Aluminium) les a désactivés. Il aurait été très facile pour un intermédiaire de désactiver mon échantillon de poussière simplement en le chauffant à 500°C pour faire réagir tous les chips qu’il contenait et m’empêcher de confirmer de façon indépendante le test crucial de réaction des chips produisant du fer fondu dans un four à moins de 500°C. Niels lui-même a été déçu par l’échantillon de poussière qu’il possède, qui est de même provenance que le mien et Kevin Ryan déclare retrouver de nombreux chips inactifs dans la poussière tout comme moi. K Ryan a aussi reçu un échantillon qui avait été ouvert. [...] Je tiens à préciser que je n’écarte toujours pas totalement, n’ayant pas moi-même pu vérifier la réaction cruciale de nanothermite, qu’il s’agisse d’une diversion mise en avant pour tromper les chercheurs et occulter une autre technologie utilisée au WTC même si je juge cela très improbable.

Et l’article a été confirmé par Mark Basile[25] :

No, I basically have a setup where I have a stainless steel resistive heating element, that I basically use that’s ... oh... what is it... It’s about little less than a quarter of an inch across and I basically.. you know... using tweezers and micromanipulators or whatever put the chips basically in the center of the strip, and then by controlling the amount of electricity that flows through the strip, I can heat it up to pretty much any temperature that I want. I don’t bring them, you know, anywheres near, you know, the temperatures to do anything harmful to them, but just up enough to basically get them to ignite, and they ignite in the region of... oh... somewhere a little over 400 degrees centigrade typically, and uhm.... When they ignite, you know, I basically have just recorded them burning and then after the fact you can open them up and look inside for these uh.. these iron droplets and films that I spoke of earlier.

En Français : Mark Basile a observé une ignition d’une chips, ainsi que des gouttes de fer. À la différence du procédé utilisé par Niels Harrit, la chip a été portée à 400 °C par une résistance électrique et non par une torche. Son expérience confirme le fait que les chips produisent du fer fondu.

Par contre, nous attendons toujours les expériences d’ignition de peinture pour voir si elles dégagent du fer fondu et un test de conductivité sur cette même peinture (l’article original ayant trouvé une conductivité bien supérieure des chips par rapport aux peintures qu’ils ont testées).

2)  Un article nul sur toute la ligne

Le seul chimiste, Harrit justement, n’a jamais touché aux explosifs ! ! ! 

Voilà une remarque étonnante de M. Quirant : il faudrait être spécialiste sur la nature de l’objet que l’on découvrira après des analyses pour faire ces mêmes analyses ! ! !  Peu importe si vous êtes chimiste et physicien : il fallait être spécialiste en peinture rouge sur acier structurel !  Par contre, un agrégé en génie civil connaît tout des peintures, des explosifs, des combustions, des gels, des matériaux thermitiques, de la combustion d’un papier de journal et des ondes sismiques. Ce CV impressionnant s’allonge même puisqu’il devient conspirologue sur son site[26] !  Étonnant alors que cette même personne a écrit[27] :

Ce qui est sûr, c’est qu’à la différence d’autres personnes, je ne vous parlerai pas de choses dont je ne sais rien : on m’a demandé une fois ce que je pensais de la pelouse du pentagone !  j’ai répondu « je ne sais pas je ne suis pas jardinier »… Et c’est vrai : j’ai bien quelques notions de jardinage, mais il vaut mieux laisser cela à des spécialistes… De la même façon, mon boulanger fait de l’excellent pain et je ne me permets pas d’aller le conseiller sur les constituants de sa pâte ! ! 

Mais aussi, sur la même page :

Le mécanisme de la réaction pourrait être étudié (certains l’ont même fait...) mais ça, je le laisse aux chimistes, pour le coup je ne suis pas compétent…

Étant donné que Mme Pileni, experte reconnue en nanotechnologie et en explosifs, se juge elle-même non compétente pour juger de la qualité de l’article, comment un spécialiste des structures pourrait l’être ?  Après cet éloge[28] des experts, il s’attache à démontrer que les erreurs mises dans son titre sont des erreurs. La première erreur dénoncée est l’utilisation du terme "explosif" pour désigner la thermite et la nanothermite. Ce terme est faux, mais il retranscrit bien les effets potentiels de la thermite (effondrement de tours). De plus, la "superthermite", qui est constituée de nanothermite mélangée avec des explosifs est explosive : sa vitesse de réaction est similaire à celle des explosifs et elle conserve les propriétés de la thermite.

Enfin, après une analyse des photos, il conclut que les chips ne sont pas de la superthermite. Pourtant, on voit sur la vidéo fournie dans l’article un jet de matière. En fait, l’équipe d’Harrit n’a pas réussi à retrouver cette matière brillante[29]. Qu’aurait-il fallu pour que Quirant pense que cette chips de 1 mm² de surface et de 20 µm d’épaisseur soit explosive ?  Les images montrent que de la matière très chaude (car brillante) est expulsée à grande vitesse. Bien que cela ne soit pas une preuve qu’une réaction explosive ait lieu, il s’agit d’un indice en faveur de cette hypothèse.

3) Le plus fort ! ! !

« Le plus fort », c’est que d’après Jérôme Quirant, de la peinture-nanothermite serait fabriquée depuis des années. Pourtant, les militaires états-uniens ne l’ont jamais remarqué, alors qu’ils pensent que la nanothermite serait utile[30]. Et si c’était le cas, pourquoi font-ils des recherches sur la production de superthermite à bas coût[31] s’il est vrai comme l’avance M. Quirant que « les deux réactifs de la thermite sont aussi utilisés ensemble dans les peintures et notamment les pigments » ? 

4) Pour aider ces pauvres chercheurs nécessiteux …

Dans cette dernière partie, M. Quirant ironise sur la vente d’un DVD par l’association Architects and Engineers for 9/11 Truth. L’argent récupéré par AE911Truth est utilisé pour de nombreuses raisons. Parmi elles[32] : 15 000 $ récupérés par des dons pour l’AIA (American Institute of Architects), 800 $ pour une requête FOIA[33] , 600 $ pour la publication d’un papier. Quand Aidan Monaghan a voulu récupérer les photos et les vidéos en possession du NIST, le NIST lui a demandé … presque 20 000 $[34]  . Que Richard Gage n’ait pas envie de payer seul cette somme n’est pas très étonnant.


Références

  1. //www.bentham.org/open/tocpj/openaccess2.htm
  2. //bastison.net/ALCHIMIE/alchimie.html#B6
  3. //bastison.net/ALCHIMIE/Harrit.pdf
  4. //folk.uio.no/olnilsen/cv.htm
  5. //tinyurl.com/pwwdhy
  6. Disponible ici : //www.bastison.net/Graphique/Images7/Chips_Kaolite.jpg
  7. Annexe D : //wtc.nist.gov/NCSTAR1/PDF/NCSTAR%201-3C%20Appxs.pdf
  8. //pubchem.ncbi.nlm.nih.gov/summary/summary.cgi?cid=26089
  9. //11-septembre.com/dossiers/Harrit/primer_paint_Niels_Harrit.pdf
  10. //www.reopen911.info/News/2010/02/23/niels-harrit-pourquoi-les-chips-rougegris-ne-sont-pas-des-composants-de-peinture/
  11. Differential Scanning Calorimetry : technique utilisée pour mesurer la quantité d’énergie produite par un échantillon à différentes températures.
  12. Boues d’épuration séchées
  13. //journalof911studies.com/volume/2008/oxy_redchip_slow.mov
  14. //www.freepatentsonline.com/6406918.html
  15. the911forum.freeforums.org/post2582.html#p2582
  16. « Newly fractured cross sections of red/gray chips », page 11
  17. //tinyurl.com/yzg5z28
  18. Annexe D : //wtc.nist.gov/NCSTAR1/PDF/NCSTAR%201-3C%20Appxs.pdf
  19. //tinyurl.com/q37cc4
  20. //tinyurl.com/n85c4u
  21. //www.sri.jussieu.fr/pileni.htm
  22. Voir ce premier article du Point et ses conséquences.
  23. //bastison.net/RESSOURCES/Que_Nenni.pdf
  24. News du 15/10/2009
  25. Interview et transcription
  26. http:/bastison.net/ALCHIMIE/alchimie.html#B7
  27. //bastison.net/PRESENTATION/presentation.html
  28. « sur les neuf auteurs AUCUN n’est spécialiste de ce dont ils parlent !  »
  29. «In this case, the attempt to recover the diminutive end-product of the reaction was unsuccessful », page 22
  30. //www.technologyreview.com/computing/14105/?a=f
  31. //www.navysbir.com/n08_1/N081-020.htm
  32. //www.ae911truth.org/donations/projects.php
  33. Freedom Of Information Act : loi des État-Unis permettant à tout citoyen d’avoir accès à des documents non confidentiels
  34. //www.911blogger.com/node/17002


05/12/2013
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